1er pilier - La langue occitane

Pourquoi une école bilingue Occitan/Français ?

 

Récapitulatif historique du mouvement

En 1979, à Pau et à Béziers, des groupes de parents se mobilisent pour créer des écoles en langue occitane pratiquant une pédagogie active. Les fondateurs n’en doutent pas, Calandreta sera publique, laïque et gratuite. L’ouverture de ces écoles sera suivie dans les deux ans de quatre autres (Toulouse, Montpellier, Oloron et la Teste de Buch) avec comme perspective une intégration rapide dans le service public. A ce jour, il existe environ 65 écoles Calandretas (Carte). La prise en charge de ces écoles par l’Education Nationale a été demandée depuis le début de la Calandreta, aux gouvernements successifs contemporains du projet Savary de « grand service public ». En 1994, le Ministre de l’Education Nationale propose, dans le cadre de la loi de 1959, le statut d’école privée sous contrat d’association : le caractère propre de Calandreta est constitué du bilinguisme d’immersion, qui implique des effectifs réduits, de la pédagogie innovante et de la laïcité. En juillet 1998, le rapport remis au Premier Ministre par Bernard P. sur les « langues et cultures régionales » propose d’avancer vers un nouveau statut « d’établissement d’intérêt public » qui correspond à une revendication de nos associations. Calandreta a créé un Centre de Formation Pédagogique occitan pour les enseignants, « APRENE ». Calandreta a par ailleurs ouvert trois collèges en vue de poursuivre le projet du primaire : en 1997 à Montpellier, en 2005 à Pau et en 2013 à Toulouse.

Art.2 de la Constitution Française, changement de la loi sur les langues du
patrimoine.
article 2 de la constitution française sur la loi de la langue d’oc (historique)

 

Le bilinguisme à l’école et son intérêt

Calandreta a pour objectif d’installer les conditions d’un véritable bilinguisme en transmettant l’occitan à côté du français. Pour cela, dans les classes, la seule langue utilisée par l’enseignant est l’occitan. L’apprentissage de cette langue se fait alors naturellement puisqu’elle devient outil d’acquisition d’un savoir.

On considère 3 stades dans l’acquisition d’une langue :

1 | Le seuil de compréhension
2 | Le seuil de communication
3 | Le seuil de conceptualisation.

 

1 | Le seuil de compréhension est en général rapidement atteint dès la Petite Section par l’utilisation constante d’une langue dont le vocabulaire est en relation directe avec le vécu quotidien de l’enfant, ses centres d’intérêt immédiats et ses compétences.

 

2 | Pour le seuil de communication, ce n’est que lorsque ce premier seuil est atteint, en particulier au niveau des institutions pédagogiques (moments rituels instaurés pour favoriser la communication) que l’échange enfant et enseignant peut se faire en occitan et que la langue prend son sens réel de véhicule d’enseignement et d’outil pour l’acquisition du savoir.

3 | Le seuil de conceptualisation commence en grande section et se développera jusqu’à la fin du primaire, voir au début du collège. Ce n’est qu’à ce stade que l’enfant peut avoir une utilisation complexe de la langue, tant dans son rôle d’outil que dans son utilisation à des fins scientifiques (mathématiques par exemple). L’enfant est alors en situation optimal pour l’apprentissage systématique de la lecture, de l’écriture et des opérations mathématiques de bases en occitan. Les écrits travaillés en classe, jusqu’à la fin du CP, se font en occitan. Ceux-ci sont pour la plupart des productions d’enfants. En apprenant à lire l’occitan, ils apprennent à lire. Le vocabulaire spécifique se fait en occitan, même en mathématiques.

 

Pourquoi l’occitan plutôt qu’une autre langue ?

La pluralité des langues est un enjeu planétaire qui fait désormais l’objet d’un combat. Calandreta est attachée au pays dans lequel elle vit et assume son rôle dans le maintien de la diversité. Donner accès à la langue et à la culture occitane, découvrir les traces multiples de la civilisation dont elles sont porteuses, c’est aider les enfants à mieux appréhender leur environnement naturel et culturel, et s’ouvrir par ailleurs aux diverses cultures et civilisations romanes, entre autres. En plus de l’acquisition d’une deuxième langue, et les avantages pratiques que cela confère, l’éducation bilingue débouche sur une véritable ouverture pluriculturelle, sur la pratique de l’interculturalité et sur une double lecture du monde et de la réalité. C’est tout le contraire du repli et de l’enfermement. Le bilinguisme ouvre aussi des perspectives de plurilinguisme. L’enfant qui acquiert une deuxième langue améliore sa première langue et peut facilement en acquérir d’autres.